Dimanche 14 mai

     CROIRE, VOIR, SAVOIR ou CONNAITRE : 3 verbes qui se répètent tout au long de l’évangile de ce jour. Il est bien difficile de croire en Dieu qu’on ne voit pas. Le problème semble vrai aussi pour les Apôtres et pourtant ils voient Jésus et ses œuvres. Alors qu’ils ont foi en Jésus, ils doivent faire le passage de la foi en Dieu.

     Pour cela, un chemin leur est indiqué par le Christ, chemin qui passe par la connaissance du Fils. Mais, dans la bible, connaître, c’est aimer de manière intime, chercher jour après jour à entrer dans le mystère de la personne que l’on aime. C’est cet amour qui unit le Père et le Fils et qui resplendit sur la face du Christ. Aussi celui-ci peut-il dire à Philippe : « Celui qui m’a vu a vu le Père ». Portés par cet amour, nous pourrons alors demeurer avec le Christ et trouver la demeure qu’il nous a préparée.

     Ainsi, en ce temps pascal, la joie de la résurrection se conjugue avec la question de la foi en Jésus ressuscité : pour connaître la force de l’Esprit de Pâques, voulons-nous accueillir pleinement sa Parole et la mettre en pratique ?

Père Eric

 

Dimanche 7 mai

            Plus qu’une doctrine à suivre, il s’agit pour nous de choisir le Christ comme le guide de nos vies. Par le symbole de la porte, Jésus indique la vraie liberté, celle des enfants de Dieu : ils ne sont pas cantonnés dans un espace clos, telle une bergerie. Les chrétiens sont faits pour vivre dans le monde avec ses difficultés, ses risques et ses épreuves. Mais le bon berger assure la sécurité profonde de ses brebis. Nous avons tous vu des moutons suivre leur berger : ils vont et viennent, broutant à droite ou à gauche, mais se rassemblant à sa voix.

Notre vie à la suite du Christ, le bon berger, ne nous épargnera pas forcément les épreuves ; peut-être nous est-il arrivé de traverser « les ravins de la mort » (psaume). Au contraire, si nous imitons sa vie, si nous suivons ses traces (deuxième lecture), nous connaîtrons aussi les difficultés inéluctables à tout héraut de l’Évangile. Mais, parce que Jésus a été vainqueur du mal, nous pourrons aussi vivre selon la justice et demeurer avec le berger qui veille sur nous et nous mène près des eaux tranquilles.

Père Eric

Dimanche 23 avril

            Jésus ressuscité en apparaissant à ses apôtres décrit les caractéristiques de la vie d’un disciple c’est-à-dire de nous-mêmes : il leur sa paix, il les envoie en mission et leur transmet son Esprit saint pour le salut du monde.

Mais comment reconnaitre le Christ ressuscité ? Regardons la miséricorde du Christ à l’égard de Thomas : ses mots ne contiennent ni reproche ni condamnation mais une invitation à croire en cet événement inouï. Au lieu de s’exécuter en touchant le corps de Jésus ou de considérer cette apparition comme une illusion, Thomas reconnaît en Jésus ressuscité son maître qui accueille les hommes tels qu’ils sont. C’est à cette attitude que Jésus se fait reconnaître : il rejoint dans leur réalité ceux qui cherchent le Messie, même avec leur manque de foi. Ainsi Thomas est-il saisi par le Christ dans la profondeur de son cœur. C’est là, à l’intime de nous-même, que nous pouvons rencontrer notre sauveur et peu à peu nous laisser imprégner de l’Esprit de sa résurrection.

Père Eric

Dimanche 16 avril : PAQUES

            Les femmes montant au tombeau alors qu’il fait encore sombre cherche à voir Jésus, fut-il réduit à un corps déposé dans un linceul. Elles sont dans l’obscurité d’un monde sans Dieu. Ce passage d’évangile nous laisse sur notre faim quant à la manifestation de Jésus ressuscité. C’est le soir de Pâques que le Christ apparait à ses apôtres. Quelles sont ses premiers mots ? « La paix soit avec vous ».

            La résurrection peut sembler compliquée à comprendre mais ces mots résonnent immédiatement dans notre vie. Par la victoire du Christ sur le mal et la mort, nous sommes délivrés du poids du désespoir, de la souffrance, de la discorde, de nos échecs, du péché.

            Désormais, la force du Christ est en nous pour vivre de l’esprit de réconciliation qui prévaut pour les hommes depuis le don que le Christ a fait de sa vie.

            Il nous reste à « rechercher les réalités d’en-haut » (2ème lecture) pour vivre selon l’esprit de notre baptême qui nous a unis à la mort et à la résurrection du Christ (Romains 6).

            N’oublions jamais ces paroles : « La paix soit avec vous ».

Père Eric

Dimanche 2 avril

            Les textes de ce jour nous invitent à croire, comme « Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui » (Jn 11). Dieu ne met pas la condition de notre foi pour son action de salut. Le prophète Ézékiel nous le dit : « Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai remonter, ô mon peuple, (…)  Je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez. Alors vous saurez que Je suis le Seigneur ».

Nous sommes invités à regarder dans notre histoire, autour de nous, comment Dieu manifeste qu’il est le Dieu de la vie, qu’il « la résurrection et la vie ».

Nous pensons parfois que par nos efforts nous pourrons vivre davantage en chrétiens ; saint Paul affirme que nous en avons déjà les moyens : « vous, vous n’êtes pas sous l’emprise de la chair, mais sous celle de l’Esprit ».

            Si Jésus a ressuscité un mort il pourra bien susciter en nous la force de vivre selon notre espérance que la vie est plus forte que toute forme de mal.

Père Eric

Dimanche 26 mars

            Jésus ordonne à l’aveugle guéri d’aller se laver à la piscine de Siloé. Que signifie ce bain qui suit la guérison opérée par le Christ et qui ne figure pas dans d’autres miracles en faveur d’aveugles ?

L’immersion dans l’eau correspond à un baptême de conversion à l’époque de Jésus ; Jean baptise dans le Jourdain. L’aveugle est invité à changer de vie et à suivre Dieu.

La piscine de Siloé n’est choisie au hasard par le Christ. Elle est alimentée par un canal souterrain creusé trois siècles auparavant par le roi Ezéchias. Alors que certains conseillait au roi de faire alliance avec les puissances étrangères qui risquaient d’envahir son royaume, le roi met sa confiance en Dieu et prend les moyens de faire face à un éventuel siège de Jérusalem. Siloé est donc une référence à la foi en Dieu qui est exprimée à la fin du récit de ce jour. Pour l’aveugle il ne s’agit pas seulement de voir Jésus mais de voir en lui (c’est-à-dire de croire) le « Fils de l’homme » c’est-à-dire le Messie. Alors il pourra voir la vie selon le regard de Dieu (cf. 1ère lecture), ce que saint Paul demande aux Ephésiens (2ème lecture).

Une question pour nous : notre prière consiste-t-elle à demander à Dieu une amélioration de  notre condition (comme recouvrer la vue pur un aveugle) ou de regarder notre vie selon son regard, c’est dire dans la foi en lui ?

Père Eric

Dimanche 12 mars : la transfiguration

    Nous aurions aimé être de ces trois disciples privilégiés qui étaient conduits par le Christ « sur une haute montagne » : moment d’intimité avec lui, moment de gratuité et de paix. Prendre le temps de se représenter cette scène nous aidera à accueillir le message de cet évangile.

     Il y a ce que les disciples ont vu : le Christ transfiguré, c’est-à-dire être pleinement illuminés de l’intérieur ; et il y a ce qu’ils ont cru : c’est lui le Fils de Dieu, il est « Dieu-avec-nous » selon la promesse de l’ancien Testament.

     De même à la messe, il y a ce que nous voyons : une assemblée, le pain et le vin ; et il y a ce que nous croyons : ce sont le corps du Christ rassemblé, le corps et le sang du Seigneur, donnés pour notre vie.

    Comme les disciples se sont prosternés, nous nous inclinons devant le corps et le sang du Seigneur. Comme eux, nous devons porter témoignage de ce que nous avons vécu. Quand nous sommes habités par un tel amour, nous sommes obligés de répandre l’amour.

     Par l’eucharistie, nous avons part, comme les disciples, à l’intimité avec le Seigneur qui se révèle à nous dans sa gloire. Alors nous repartons plus forts pour affronter la réalité de notre monde. Les disciples sont à la fois avertis et préparés à connaître la Passion de leur maître. Cette Passion continue dans le mal que les hommes rencontrent encore aujourd’hui : prenons notre part « aux souffrances liées à l’annonce de l’évangile » (2ème lecture) et nous connaîtrons aussi sa gloire.

Père Eric

Mercredi des Cendres 1er mars

     L’accumulation des verbes à l’impératif des trois lectures nous promet un carême bien chargé. Nous pourrions en être fatigués à l’avance ! Comme pour toute marche, il faut considérer le but : redécouvrir le don de Dieu, Jésus. « Si tu savais le don de Dieu » dit Jésus à la Samaritaine. Il nous dit que « son fardeau est léger et son joug facile à porter ».

     Alors les efforts de carême doivent être considérés à partir de cette rencontre qui allègera nos vies, qui leur donnera la liberté à laquelle nous aspirons.

     Recevoir les cendres, c’est opter pour la rencontre avec le Christ qui libère, qui redonne allégresse à l’existence. Pour raviver cette rencontre, nous avons besoin de revenir à l’essentiel en pratiquant la prière, le jeûne et l’aumône qui nous décentrent de nous-mêmes, qui nous rappellent que la vie vaut d’être vécue si nous la recevons comme un don, comme un don à partager.

Père Eric

Dimanche 26 février

     Jésus ne prêche pas l’oisiveté ni l’insouciance pour les conditions de vie matérielles. Aux premiers chrétiens, saint Paul écrivait : « celui qui ne travaille pas qu'il ne mange pas non plus » (2 Thess 3,10). Le Christ appelle à fonder sa vie sur la confiance en Dieu, à la suite de cette belle parole du prophète Isaïe que nous entendons aujourd’hui : « Une femme peut-elle oublier son nourrisson, ne plus avoir de tendresse pour le fils de ses entrailles ? Même si elle l’oubliait, moi, je ne t’oublierai pas, – dit le Seigneur » (Isaïe 49).

     Le prophète inscrit cette fidélité, non pas dans une relation institutionnelle ou d’un engagement solennel, tel celui du soldat vis-à-vis de son chef ou de son pays. La fidélité de Dieu, selon cette image maternelle, vient du cœur de Dieu et même elle vient du fait que Dieu nous a donné la vie. C’est la source de sa fidélité, un sentiment qui émane de ses entrailles.

     Alors nous pouvons envisager notre vie dans la confiance, sûrs que ce qui nous est essentiel pour vivre ne nous manquera pas, pourvu que notre regard se tourne vers les vraies réalités.

Père Eric

Dimanche 19 février

    « Est-ce que les saints, ils n’ont jamais fait de bêtises ? » : question d’enfant qui montre bien qu’on associe vite la sainteté à la perfection. Il est question de l’un et de l’autre dans l’enseignement du Christ que nous lisons aujourd’hui.

     Comment pouvons-nous vraiment appliquer les demandes du Christ de vivre à la perfection : tendre la joue gauche - aimer ses ennemis – être généreux jusqu’à donner sa chemise ? La lettre de saint Paul aux Corinthiens peut nous éclairer : « vous êtes un sanctuaire de Dieu ». Ses auditeurs devaient entendre « un TEMPLE de Dieu », c’est-à-dire la résidence de Dieu, située à Jérusalem pour les Juifs.

     Ainsi Dieu a-t-il choisi de demeurer en nous, depuis notre baptême. Nous ne sommes plus seulement créatures de Dieu mais sa demeure. C’est lui qui donne la sainteté : « le sanctuaire de Dieu est saint » poursuit saint Paul parce que Dieu est saint et qu’il diffuse en nous sa sainteté, … si nous le voulons bien.

     Certains jours nous sommes davantage conscients que Dieu est là et qu’il peut agir en nous : nous faisons l’expérience que vivre l’Evangile avec ses exigences n’est possible que grâce à Dieu. C’est à la source qu’il nous faut travailler, c’est-à-dire dans la relation intérieure avec le Christ : si nous l’accueillons vraiment, si nous lui laissons la place qu’il réclame en nous, alors nous pourrons agir selon la perfection de son amour et être les témoins de son amour dans le monde, dans notre quotidien.

Père Eric